dimanche 3 mars 2019

1er bilan...

Mes petits canards ,

Tout d'abord avant de démarrer ce post, et malgré ce mois de janvier et février bien terminés, une fois n'est pas coutume en mars mais je ne peux passer à côté des vœux 😊.

J'espère que 2018 a définitivement tourné sa page de la façon la plus douce possible pour vous pour laisser place à 365 nouveaux jours d'amour de joie de rire et de tout ce qui peut vous apporter du bonheur.
On se dit toujours bonne année, alors oui on espère qu'elle sera bonne mais à nous d'être bons, d'être meilleurs pour se donner les moyens de faire en sorte qu'elle le soit.
Alors prenez soins des gens qui vous sont chères et prenez soin de vous, car faire attention à soi, prendre confiance et savoir s'aimer est la clé pour pouvoir le faire avec les autres.

Je vous souhaite donc tout le meilleur possible et inimaginable pour 2019 ⭐.

Pour ma part j'ai démarré l'année avec le premier objectif que je m'étais fixé atteint, descendre en dessous de la barre des 3 chiffres. Aujourd'hui à presque 5 mois de l'opération, je suis à 94 kg, soit - 21 kg.  Si vous saviez le bonheur que c'est de ne voir plus que 2 chiffres sur cette foutue balance (et là......... danse de la joie !!) 

Je voulais vous faire un bilan plus tôt mais je ne vous cacherai pas que j'ai passé des jours plutôt difficiles et une chose en entraînant une autre voilà voilà, mais bref...
Reprenons les choses dans l'ordre.
Donc comme vous le savez, le 9 octobre dernier je suis passée sur le billard pour me faire faire un bypass. Petit rappel de Maître Capello, c'est donc une chirurgie de l'estomac, ou court-circuit gastrique, consistant à réduire le volume de l'estomac et modifier le circuit alimentaire, donc le circuit digestif dans le but de perdre du poids.



L'opération c'est très bien passée si ce n'est la sensation d'être passée sous un rouleau compresseur qui dure quelque temps mais rien d'anormal aux vues de la séance de "boucherie" 😁.
Je suis restée une petite semaine à la clinique le temps de contrôler que tout soit OK dans un premier temps et que je puisse remanger. Alors qu'on s'entende bien, remanger est un bien grand mot, ce n'est pas tellement le terme exact, mais plutôt s'humecter la bouche et l'œsophage en quelque sorte, vu que ce n'est qu'une toute petite quantité de liquide que l'on doit ingérer, en tout cas dans un premier temps.

Le processus à suivre est rigoureux pour ce type d'intervention, surtout au tout début pour que tout cicatrise correctement et reprenne ses fonctions. À la sortie du bloc on reste 3-4 jours au moins sous perf histoire d'être un minimum alimenté et hydraté. Ensuite on démarre le tout premier "repas" par la prise d'eau à la petite cuillère, le but étant de réadapter l'estomac petit à petit et sans forcing.
Ensuite pendant les 15 premiers jours il faut "manger liquide", de l'eau mais pas que : bouillon, compote et voilà. Les 15 jours suivants, on passe à du mixé type purée mais pas du plâtre hein. Jusque là rien de très compliqué vous allez me dire.... Tatata... pfff la misère !!
Alors pour en revenir aux faits, les douleurs étaient là mais pas non plus insupportables, et puis j'avais de petites aides pour me soulager un peu. En tout cas je n'aurais pas refusé quand même l'aide d'un déambulateur pour me déplacer mais ça c'est encore un autre sujet...😄
À ma grande surprise la première prise de bouillon au jour 4 (je vous épargne l'eau à la cuillère) a été plutôt un franc succès. J'ai pu avaler... roulement de tambour... presque un demi-bol... Youhouuuuuuu (re-danse de la joie) !! et ce jusqu'à ma sortie.

6 jours passés et enfin je retrouve mon chez moi avec beaucoup d'appréhension et de stress mais heureuse de rentrer.
Pendant 2 j il a fallu encore en guise de repas ne prendre que du bouillon et rien que du bouillon.
Au démarrage des premiers "vrais" repas au bout des 2 jours, je pouvais enfin passer à des liquides autres que de la flotte et du carré Knorr, ce fut un premier petit soulagement mais tout petit petit.
Je ne pensais pas que la tâche allait être si compliquée.
Comment vous expliquer que pour une bonne vivante comme moi, une amoureuse de la vie de ces plaisirs de la bonne bouffe, gourmande à souhait, je me retrouvai complètement enfermée dans une spirale infernale. Même la vue de la nourriture dans la cuisine s'avérait être un vrai supplice. Je préservais tout de même les moments de repas en famille mais c'était dure, très dure. Il m'a fallu plusieurs jours avant même de reprendre goût à cuisiner car même ça je ne m'en sentais pas le courage.
À tout ce combat psychologique rajoutez les douleurs, la fatigue permanente, le moindre effort qui relevait de l'exploit, l'angoisse...
Une vraie torture lorsqu'on a un tempérament et l'habitude d'être en activité constante.

Quand on dit que les émotions se mangent je ne l'ai enfin que trop bien compris, et c'est aussi là que j'ai réalisé cette addiction aussi "naturelle" qu'autorisé mais tout aussi dangereuses que les interdites.
Pendant ces 2 premières semaines pas un jour n'est passé sans que les larmes me montent. C'est terrible parce qu'on est enclin à des tas de doutes, de vieux fantômes qui reviennent vous hanter et pour ma part je me suis sentie en plus terriblement seule. Le Milk shake de tout ça crée un sacré mauvais mélange. Et vous vous doutez bien que la "solitude et l'isolement" amènent à cogiter et ce n'est pas forcément une bonne chose lorsque le moral bas de l'aile. Malgré ces difficultés, ma bouffée d'air était en fin de journée lorsque je retrouvais ma petite tribu.
Mais je n'avais qu'une hâte, remanger pour de vrai.
La prise du mixé au bout de la deuxième quinzaine fut un petit soulagement. Retrouver la sensation de m'alimenter "normalement" m'a fait du bien. Alors oui les kilos fondaient à vue d'œil, mais ça passait au 2nd plan.
Perdre oui c'était et c'est le but, mais il est primordial d'être en totale harmonie avec mon nouveau moi et de m'adapter à ce nouveau quotidien, ce nouveau palais, ces nouvelles habitudes... La seule clé de la réussite est bien entendue la patience, chose que je n'ai pas et qui ne se trouve pas en magasin, à mon grand désespoir.

Aujourd'hui la prise des repas se fait sans trop de soucis, je suis même surprise de "manger autant". J'ai fait et travaille toujours sur moi pour que tous soient cohérents et sains, entre ma tête et mon nouveau moi qui se sculpte au fil des mois.
Ça va dans le bon sens et je me sens plutôt bien dans l'ensemble. Le rythme de perte est lent mais ce n'est pas plus mal au final. C'est un choc tellement violent à tout niveau que la rapidité n'est pas forcément un bon allié, en tout cas pour moi personnellement.

Malgré que je sois une "habituée" au final du bloc et une récidiviste des chirurgies bariatriques, je ne pensais pas que j'allais autant "en chier" pour être très sincère  😥. Je m'y était préparée, tout a été pesé, réfléchie et pourtant... mais en aucun cas je ne regrette ma décision. 
Je sais que je suis au début de ce long chemin et déjà je ressens un confort certain dans mon quotidien. Mon dos mes articulations mon cœur me remercie. En ce qui concerne la peau et les muscles ça c'est une autre histoire, mais j'y travaille aussi. Encore une fois la patience est de prime et en plus, prise du sport 2 fois par semaine, et ouais, ça faisait partie des grands changements indéniables pour de bons résultats et je m'y tiens, j'essaie en tout cas... et que ça dure surtout 😊.

Voilà en ce qui concerne mon 1er bilan, en toute intimité. Alors en espérant ne pas mettre 5 mois pour revenir vous faire un brin de causette, je tenais à dire merci.
Il a été primordial pour moi, et toujours d'actualité d'ailleurs, d'être soutenue bien entourée d'avoir de bons appuis sans m'enfermer non plus dans les tracas de cette opération.
Merci à toutes les personnes qui me sont proches et pour qui sans aucun doute j'ai une véritable importance dans leur vie.

"The show must go on "

samedi 29 septembre 2018

T’inquiètes, ça va aller !

Salut toi,

Ça fait bien longtemps qu’on ne s’est pas parlé... enfin non pas vraiment, dernièrement je t’ai asséné de plein de noms d’oiseaux sans te laisser ton mot à dire, comme ça arrive de temps en temps quand tu me sors par les yeux, il me semblait donc nécessaire qu’on ait une petite discussion tous les 2.

Ça n’a pas toujours été facile entre toi et moi et malgré tout il faut que tu saches que je tiens à toi... si si c’est vrai !!!
Je t’ai fait endurer pas mal de choses, pas toujours chouettes et je m’en excuse, mais admets que tu ne  m’as pas toujours facilité la tâche. Après la faute à qui hein... on s’en fout en fait, parce que malgré tout on s’est beaucoup apporté mutuellement. Enfin TU m’as beaucoup apporté. Je suis intimement persuadée que sans toi je ne serais pas qui je suis aujourd’hui même si par moments tu as été bien «relou». 
Tu te rends compte que c’est quand même grâce à toi que j’ai pu faire certaines des choses dont je ne me serais jamais cru capable de faire. 
Parler de toi aisément à la télé, défiler sur Paris pour une marque de fringues spécialement pour toi, chanter en public tout en revendiquant des valeurs pour la tolérance sur la différence et là en occurrence les gros, me retrouver à moitié à poil à la télé (non mais alors ça franchement n’importe quoi !) enfin j’en passe... 
Et surtout, tu m’as offert les plus beaux cadeaux qu’on puisse avoir, mes 3 merveilles, et ouais c’est toi qui as fait ça et ne serait ce que pour ça je te suis redevable à vie. 
Y’a aussi les côtés moins cool mais je n’ai pas franchement envie de m’attarder dessus on sait tous les 2 ce qu’il en est...
Aujourd’hui si on veut continuer à kiffer ensemble il faut que ça change et tu sais que j’ai raison, on ne peut pas continuer sur cette voie là. 
Alors c’est pour tout ça qu’il est temps de prendre soin de toi. 

On est à quelques jours de la date fatidique, alors avant toutes choses, je voulais m’excuser d’avance parce que tu vas en chier, et moi avec.  
Ça va être hard encore une fois mais dis-toi que ce sera « moins pire » si on peut dire que les fois précédentes. Le petit +, pas d’ouverture de lapin, le chir’ me l’a affirmé alors no stress, il a bien tenu parole il y a 4 ans alors détends-toi ça va aller. 
C’est vrai qu’on va encore te charcuter dans tous les sens même te changer au fin fond de tes tripes. Dis comme ça c’est vrai ça fait pas rêver mais je t’assure que c’est pour ton bien tu verras.

Bon alors 2-3 trucs qu’on doit mettre au clair et t’as pas intérêt à déconner. 
Bon déjà tu vas tenir la route comme tu l’as toujours fait et être fort, essaies dans la mesure du possible de pas trop me faire mal et pas trop me faire de « gerboulades ». En contrepartie je ferais gaffe je te promets. 
Ça risque d’être un peu violent et radical mais évites de suivre le mouv’ trop et trop vite. Y’a pas le feu et vaut mieux qu’on y aille ensemble «tranquilou». Donc en résumé j’ai pas envie de ressembler à un coton de tige... OK ?!!!
Bon je sais j’ai plus 20 piges mais s’il te plaît, ne me fais pas avoir l’apparence du slime avec tout qui pendouille. On en est pas là je sais mais autant aborder tout de suite le sujet. Toute façon je te préviens à mesure radicale.. mesure radicale. Va falloir te bouger le boule parce que j’ai bien l’intention de secouer tout ça pour limiter la casse. 
On va changer ensemble, et beaucoup de choses vont changer c’est évident et pas que physique, alors on va s’accrocher et se soutenir. Toute façon à part nous 2 qui le fera, je t’ai dans la peau. 
Tu seras une version 2.0 avec du temps mais on y arrivera et tu verras toutes les baskets dans lesquelles on sera bien.

Je dois t’avouer que certaines choses me manqueront c’est sure. Plus de 40 ans ensemble ça ne s’efface pas comme ça. C’est vrai j’ai merdé les fois où on était sur la bonne voie mais la vie a fait que... c’est ainsi. 
En tant que femme accomplie et épanouie aujourd’hui, on va se donner les moyens de monter la barre encore plus haut. 
Alors fini les pti gâteaux le soir devant la télé avec le thé, fini les picorages de bonbons et autres cochonneries. Ouais je sais les plats de maman ça va être le plus dure mais t’inquiètes on va gérer finger in the nose, enfin on essaiera en tout cas. 
On va s’ouvrir de nouvelles perspectives et se découvrir de nouvelles activités qu’aujourd'hui même pas en rêve. 
Euh... non mais t’es sérieux ??!! Mais non on va pas twerké je sais même pas comment on fait. Et puis pour ça, n’oublie pas qu’il faut me laisser un peu de marge................... 
Bon ok on verra. 

Enfin, voilà où on en est. Surtout si tu as la moindre question le moindre doute ou quoi.. je suis là. 
N’oublies pas, je t’aime mon body. 






vendredi 24 août 2018

Confession d’une grosse


Héhé mes p’tis canards 😄,



Quel plaisir de vous retrouver après une si longue absence, le temps file à une vitesse c’est hallucinant !



Avant d’attaquer le sujet du pourquoi je suis de retour, des petites nouvelles rapides de mon B4BB qui se porte à merveille.
Je vous présente Camille, que l’on surnomme aussi affectueusement la tornade, qui a très bientôt 3 ans. 

Le mélange a été corsé et surdosé quand on voit le résultat de cette petite boule d’énergie aussi tendre et pleine d’amour que de malice et de bêtises.
Mais quel bonheur !!!




Enfin, revenons à nos moutons... 🐑🐑🐑
Je souhaite à présent partager avec vous une nouvelle étape que je vais passer ou du moins que je vais repasser. 
Elle n’est pas des moindres... puisque c’est encore un passage sur le billard pour une opération bariatrique.


Alors pour celles et ceux pour qui ce terme reste flou, il s’agit de la chirurgie de l'obésité qui consiste à modifier l'anatomie du système digestif. Elle est réservée à des cas graves d'obésité.
Ce sont des techniques barbares c’est vraie, radicale pour la plupart car irréversibles mais pas miraculeuses contrairement à ce que peuvent penser beaucoup de gens.


Je vais essayer de faire un résumé rapide histoire de comprendre un peu le « encore ».


Il y a quelques années de ça, en 2002, j’ai subi un Mason ou de façon plus « grossière » un agrafage de l’estomac. J’étais à l’époque à 113 kg (pour 1m70). J’ai perdu 25 kg, ce qui n’est pas beaucoup pour ce type de méthode mais pas complètement un échec non plus contrairement à ce que le médecin de l’époque m’a envoyé dans les dents. Sauf que cette opération a été faite à un moment de ma vie où je n'étais peut-être pas suffisamment préparée, ni suffisamment prête, je ne sais pas...


Les aléas de la vie on fait que j’ai eu bien d’autres choses à me soucier que mon poids, donc inutile de vous dire que c’était passé au deuxième voir troisième plan. Les kilos petit à petit sont revenus et j’ai fini par tout reprendre.
Une fois la stabilité revenue dans ma vie, j’ai décidé de reprendre les choses en main. Après un périple difficile, en 2008 un anneau gastrique m’a été posé par-dessus l’agrafage que j’avais afin de relancer le processus de perte. Un échec total, seulement 8 kg de perdus en un an, de nombreuses douleurs et un inconfort certain.
Il fallait arrêter tout ça, ce qui s’est avéré être un autre parcours du combattant et pas des moindres. Je me suis retrouvée confronté à un refus total du médecin de me retirer l’anneau jugeant que mon échec était uniquement dû à mon entière et seule responsabilité. Un gros coup de massue, une incompréhension et une colère noire de par ce refus de dialogue et ce manque de diplomatie.
J’ai pu finalement après divers recalages, trouver un chirurgien bienveillant qui a accepté de m’opérer pour me retirer l’anneau et réparer les dégâts causés, c’était en 2014. Il en a profité pour préparer le terrain dans le cas où je souhaiterais faire une nouvelle tentative dans le futur.


Bien qu'entre mes kilos et moi nous vivions une histoire entre l'amour et la haine, pour moi j'en avais fini de toutes ces conneries et tortures. Il m’a fallu du temps pour accepter et digérer toutes ces années.
Toutes ces étapes ont été de vrais traumatismes psychologiques et physiques. Dans mon cas, en plus du côté psycho, il y a eu une réelle mutilation et même si c’était en connaissance de cause c’est quelque chose qui est difficile d’accepter, surtout pour au final un cumul de semi-échecs.
Aujourd’hui je peux rivaliser les doigts dans le nez avec Frankenstein mais au niveau du ventre, même sans que ce soit Halloween, balaise hein.
Quoi qu’il en soit, je ne pensais pas un jour me ressentir prête à franchir le pas pour un nouvel et ultime essai.
J'ai tout de même réfléchi et mûri tout ça, j'appréhendais, flippais de me préparer à l’éventualité d’une nouvelle intervention, si je le désirais biensur, avec entre-temps le projet bébé en cours de route qui bien évidemment a repoussé la réflexion, et finalement...


Alors je vois déjà certains dire « oui mais il faudrait qu’elle fasse attention à ce qu’elle mange, qu’elle fasse du sport, c’est quand même pas si compliqué que ça c’est juste une question de volonté, c’est un peu facile de passer par la chirurgie pour perdre du poids etc etc... »
Je dis ça parce que je sais de quoi je parle, ce sont des choses que j’ai entendues, pas forcément pour mon cas mais que j'ai entendues...
Alors oui, tous ces critères rentrent en compte bien évidemment dans un processus de perte de poids, mais il faut bien se rendre compte qu’il y a d’autres paramètres à ne pas négliger loin de là et que si c’était aussi simple, ça se saurait... non mais c’te blague !


Aujourd’hui quand on voit la discrimination qu’il existe encore à notre époque en 2018 contre le «gros», et pour compte, quand on voit que le mot «grossophobie» est entré  dans le dictionnaire, c’est qu’il existe un vrai impact, de vrais conséquences aux comportements par rapport à cette maladie, puisqu’on parle bien de maladie quand on parle d’obésité.
Il faut dire une fois pour toutes que le mot « gros » n’est pas un gros mot. C’est simplement un mot qui définit un état une forme, mais qui rebute certains, simplement parce qu’il a été trop souvent employé et craché de façon dégueulasse à la tronche des gens dans un contexte qui au final en a fait un mot tabou.
On va me dire aujourd’hui de façon gentille, ou du moins qu’on voudra gentille pour soi-disant ne pas me blesser, que je suis une femme ronde, que j’ai des formes. Non soyons clair, je suis grosse. Je l’accepte, plus par moments que d'autres, mais comme un peu tout le monde je crois. L'humain à cette capacité hors normes de constamment être dans l insatisfaction. 
Je crois que j’ai été grosse toute ma vie et que ça fait partie de moi.
Et là je vois déjà de nouveau les mêmes rageurs dire « ah ba elle parle de s’assumer et qu’elle a toujours été comme ça, qu’elle s’accepte comme elle est et là, elle nous parle de chirurgie bariatrique, foutage de gueules... »
Alors oui c’est vrai je parle de chirurgie et alors... et c'est dans l’espoir d’une vraie perte de poids, mais non pas dans une optique esthétique de rentrer dans un 36, oula non, ou même de plaire à Pierre Paul Jacques Simone Jermaine ou même "tête de gland". C’est avant tout pour moi.

Aujourd’hui et bien plus encore maintenant avec les années qui passent, à l’âge que j’ai, j’aime la vie et ce qu’elle m'offre mais j'ai peur. J’ai besoin de retrouver une certaine vitalité, une aisance au quotidien, pour moi, pour ceux que j’aime, pour me rallonger aussi mon espérance de vie, bien qu’on ne sait jamais de quoi sera fait demain.
Il faut être lucide, on a beau accepter notre état on sait très bien qu'il y a forcément une incidence sur notre santé. Une charge pondérale beaucoup trop élevée comporte de nombreux risques et complications, et je le ressens bien à présent.
Avoir la sensation d’être au bout de sa vie dès que l’effort devient un peu plus intense, j’entends par là ne serait ce qu'un changement de métro de bon matin un peu trop rapide, sentir son cœur battre à tout rompre près à se barrer de ce corps qui ne suit pas, les articulations impossible à récupérer même avec du WD40... Je vous épargne évidemment les vraies problématiques plus glauques.
C’est pour tout cela que j’ai décidé de mettre de nouveau les pieds dans le plat.


J’ai démarré le protocole qui est plutôt assez «lourd» comparé à toutes mes anciennes interventions, ce qui au final est malgré tout beaucoup plus rassurant. Check-up général qui permet de vérifier que tout est OK, ou pas justement, que tout fonctionne bien ou pas trop mal, sans complications. 
A ce jour j’ai la totalité des examens qui ont été fait et R.A.S., quasi, en tout cas rien de méchant, donc je suis plutôt sur la bonne voie et rassurée de n’avoir au final pour le moment qu’un vrai problème de taille... mon poids. 

Je vous mentirais si je vous disais que je suis excitée et impatiente, bien que soulagée.
Non pas que je ne suis pas sûre de ma décision, non non non, mais plutôt que je ne peux empêcher l’angoisse par moments de venir me chatouiller l’esprit. C’est un sacré cap à passer et à vivre tout en faisant abstraction du passé.
Malgré mes angoisses, je me dis qu’à la fleur de l’âge où la femme est au meilleur de sa forme, une maturité certaine et un bout de vie déjà bien accomplie, cette fois ci pourrait bien être la bonne... un renouveau pour démarrer la deuxième moitié de ma vie.


Rendez-vous prit pour le 9 octobre.


Je tâcherai de partager avec vous tout ce parcours aussi intense qu’il soit. 
Le vivre, le partager, en parler est exutoire et si ça peut aussi aider et bien let’s go !

mercredi 10 février 2016

Enfin... elle est là !


Mes petits canards,

Je reviens vers vous après de longs mois d'absence pour terminer cet ultime et dernier volet de ma FIV.




Cette grossesse a été un pur bonheur dans tous les sens du terme si ce n'est le fait que je me faisais boxer de plus en plus chaque jour par cette petite tornade que j'avais dans le bidou. Ce qui signifie peut-être que je vais avoir du fil à retordre, jle sens bien comme ça.



Mais c'est que du bonheur tout de même cette troisième grossesse comme les deux premières, un vrai moment de plaisir pour moi car j'ai eu la chance qu'elle se passe sans encombres.
Ça a été encore un moment d'épanouissement total malgré les inconvénients liés à mon état et à la canicule qui ne m'a pas épargné cet été, ce qui m'a permis de connaître les joies des jambes en mode poteaux de chez poteaux, une transpiration excessive "sooo glam", des bouffées de chaleur de dingue et une flemmardise de fou à cause de cette chaleur de psychopathe.
Ça a été dur je ne vous le cache pas, j'en ai bavé et je n'avais qu'une hâte c'était qu'elle arrive, bien qu'il fallait évidemment qu'elle reste le plus longtemps possible dans ce sauna pour se faire belle, mais je gardais la pêche.

  


Et non sans mal, Camille, cette petite crevette ou du moins ce petit homard d'amour de 4kg020 et de 53cm a pointé le bout de son nez le lundi 7 septembre 2015 à 19h53 pour le plus grand bonheur de tous.

      


Je vais essayer sans trop me perdre de vous synthétiser (oula...) ce jour-là qui a été un bordel d'émotions inégalables.

...::******::...

Mon chou à peine a-t-il eu le temps de partir au boulot que je sens déjà que de petites choses se passent à l'intérieur de pas habituelles.
Sachant qu'il en avait pour une heure de trajet je laisse les choses se faire tranquillement, mais sur les coups de 11h, à l'heure où il est censé arriver, je l'appelle en lui disant qu'il peut faire demi-tour car je crois que le travail à commencer.
Pendant l'attente je travail ma respiration pour supporter tout ça et je me prépare pour pouvoir être opérationnelle dès qu'il arrive.
On part pour l'hôpital aux urgences maternité et là évidemment pas d'infirmières de dispo, obligé d'attendre tant bien que mal entre le couloir et la petite salle d'attente où je fais les 100 pas. Je fais le petit chien le petit chat le lion le veau enfin tout ce que je peux pour essayer de supporter les contractions jusqu'à ce que quelqu'un ai pitié de moi.



De là, alléluia !!! Je suis prise en charge et suis déjà à 3 centimètres donc direct en salle de travail. L'anesthésiste arrive rapidement à la suite pour me faire la péridurale et c'est là que les emmerdes commencent.
Une bonne femme pas toute fraîche avec 2 de tensions qui arrive tranquillement et commence son truc.
Elle me pique, me fait mal, une première, et pourtant je suis une habituée des anesthésies entre les diverses opérations et les accouchements
Elle place le tube le long de ma colonne, place l'espèce d'autocollant pour que ça reste bien stable et donc là m'injecte la première dose d'anesthésie afin de calmer les douleurs. Ensuite c'est par la pompe que je peux déclencher un peu près tous les quarts d'heure une petite dose.
Sauf que le temps passant je sens bien que la douleur est légèrement atténuée mais s'intensifie quand même contrairement à mon accouchement antérieur pour Maëlle qui a été "royale" si je puis dire.

Je suis complètement consciente de mon corps de mes douleurs et là pour le coup aucun moyen de me mettre en mode repos pendant ce temps.
Je suis vraiment obligé de me concentrer sur la douleur même mon shoo voit bien qu'il y a un truc qui cloche. Heureusement qu'il est là.
J'appelle à plusieurs reprises la sage femme et lui dis que c'est douloureux que c'est bizarre, elle me dit de pas hésiter à appuyer sur la pompe (c'est ce que je fais co#@##*). Au bout d'un moment pas possible j'insiste et elle rappelle l'anesthésiste.

Alors elle vérifie le tube au niveau du dos et se rend compte qu'il est plié à la base, donc forcément le liquide anesthésique ne passait pas correctement.
Pour éviter de me repiquer une 2e fois, elle essaie tant bien que mal de retirer l'autocollant afin de pouvoir redresser le tube et tout ça pendant trois quarts d'heure où je dois rester assise le dos bien rond sans bouger le temps qu'elle fasse la manip sans avoir à tout recommencer. Un pur moment de plaisir où je n'ai qu'une envie s'est de les insulter toutes les 2.
Une fois tout remis en place, elle me refait une injection manuelle afin que les effets soient immédiats, sauf que le problème persiste et je sens bien que c'est un souci de prise en charge de la douleur par le produit et non pas autre chose. Ces tubes sont tellement fins que le moindre pli reste marqué, forcément...
Je rappelle la sage-femme encore et encore et là elle décide de faire venir le gynécologue qui est de garde afin de m'ausculter pour voir où est le problème

Il arrive et regarde rapido mon dossier, voit pour ma première grossesse que j'ai eu une césarienne en urgence,  il y a donc 14 ans de ça, la deuxième il y a 5 ans par voie basse normal. Du coup plutôt que de chercher, d'essayer de voir et de me laisser ma chance,  il préfère m'envoyer au bloc direct afin d'éviter tous risques de déchirures cicatricielles par rapport à ma première césarienne, je suis à 7 cm.

À ce moment précis mon shoo n'est pas dans la salle de travail et je sens le monde me tomber dessus. J'ai une sensation terrible de détresse, je commence à pleurer, à rentrer dans un état d'angoisse intense. À ce moment-là ma moitié arrive et me voit dans cet état, moment de panique sur le coup de ne pas comprendre ce qui se passe, la sage-femme lui explique que je rentre au bloc pour une césarienne en urgence,  évidemment il ne m'accompagne pas et je suis incapable de me calmer. Une détresse intense m'envahit et je suis seule.
Le souvenir de ma première césarienne est telle qu'il est pour moi inenvisageable que je puisse revivre ça et l'idée m'est difficile à accepter.
Donc là ça s'enchaîne très très vite ça va dans tous les sens on a même pas le temps de dire oufff. Moi toujours en pleurs jusqu'à arriver au bloc où je suis dans un tel état de stress que les infirmiers la sage-femme ont beau me dire et me vendre leur salade que tout va bien, rien à faire, non ça va pas, je suis terrifiée.

Ils me font l'injection de l'anesthésie mais impossible de me calmer je pleure et pleure et me sens complètement perdu, je n'arrive pas à me consoler du moment en me disant qu'elle va arriver. Pour moi c'était secondaire, là tout ce que je ressens c’est qu'on va me voler mon accouchement, qu'on va me voler ce moment que j'ai tant attendu, que j'ai tant espéré, sans aucune raison et ça j'en suis persuadée. L'infirmier me met le masque à oxygène pour essayer de me calmer, il me touche les cheveux me caresse le visage mais j'en ai rien à foutre moi, tout ce que je veux c'est juste le traiter d'enfoiré et qu'il me laisse tranquille, qu'on me laisse avoir mon bébé comme je le souhaite.

Je sens la première incision, Walking Dead dans ma tête, je commence à pousser des hurlements en leur disant que j'ai mal que j'ai vraiment mal et l'infirmier continue à essayer de me calmer, de me dire de respirer, qu'il faut que je déstresse pour profiter du moment, que je ne dois rien sentir car j'ai l'anesthésie et que tout va bien.
Mon cul ouai, rien n'arrive à mes oreilles, je n'entend pas il peut me dire ce qu'il veut... il pisse dans un violon... je suis dans une telle souffrance psychologique et physique que rien n'arrive à mon cerveau. Je suis complètement focalisée par ça. Jusqu'au bout, toutes les sensations ont été là... J'ai tous senti.
Heureusement que ça a été relativement rapide dans les faits mais une éternité pour moi...

Elle est enfin là, en bonne santé, avec papa, et j'en suis heureuse... mais les larmes ne cessent de m'envahir tellement la déception est grande de ce qui vient de se produire.
C'est le bordel dans ma tête, je m'en veux de ne pas avoir réagit... bien que j'étais impuissante, mais au moins d'avoir essayer de plaider ma cause.

Je suis restée jusqu'au vendredi à l'hôpital, 5 jours où nous nous sommes découvertes ma poupée et moi, mêlée de tristesse et de colère bien que je me remettais rapidement à ma grande surprise, mais en colère quand même.
J'ai bien eu confirmation qu'il n'y avait pas eu de souci aux niveaux des tissus... WTF !!!!!!!!
Pas un jour ne passe sans que j'en parle aux infirmières et aux sages-femmes, qu'elles m'ont même proposé de voir un psy... NON MAIS TU SAIS OU TU PEUX TE LE CARRER TON PSY !!!!!!!!!!!

Mais voilà... tout va bien... c'est à moi de prendre le meilleur de tout ça puisque dans le fond tout s'est bien passé et qu'elle est en bonne santé.
Tout ça a contribué au fait que j'avais besoin de temps pour le poser par écrit, même si aujourd'hui, 5 mois après, j'en parle plus "sereinement", j'arrive même à en "rire"... et c'est aussi grâce à mon amour. Merci Shoo d'être ce que tu es, d'être là.

Notre bonheur est intense, une sacrée aventure qu'on a vécu là... Notre histoire. Notre amour.

Camille




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Aussi... je ne peux clôturer ce post sans un petit mot... 

Je pense énormément à mon shoo dont je suis très fière de part son courage à avancer, son papa qui est tombé très malade nous a quitté ce 11 décembre dernier.
Ce fût juste après la naissance de notre chipouille, nous avons vécu de longs moments très difficiles, et j'aimerais remercier toutes les personnes qui ont été présentes et nous ont soutenus

Camille ne connaîtra pas son grand père mais l'intensité de ses grands yeux sombres nous rappellera chaque jour qu'il est toujours là.

A Jean...




mercredi 6 mai 2015

Mon B4BB

Mes canards, je reviens après de longs jours d’absence, prise par le quotidien, les quelques galères de la vie, du boulot, de B4BB à qui je porte une attention toute particulière… mais me revoilà.